Un matin de rentrée
Le réveil sonne dans la chambre de Léa. Elle ouvre les yeux et pense tout de suite à son dessin qu’elle doit présenter à l’école. Son ventre se serre un peu. Dans la cuisine, elle sent l’odeur du chocolat chaud. Hugo agite sa cuillère trop vite et son bol se renverse sur la table. Le chocolat coule partout, sur son pyjama, par terre. Papa attrape une éponge, maman éclate de rire. Léa rit aussi, sa peur recule un tout petit peu.

Après le petit déjeuner, tout le monde se prépare. Hugo cherche une chaussette sous la table, papa ferme son sac de travail. Près de la porte, Léa voit la petite croix en bois accrochée au mur. Maman pose une main sur son épaule et dit doucement que Jésus est avec elle aujourd’hui. Léa hésite, puis trace un petit signe de croix un peu rapide. Elle ne sait pas si cela change quelque chose, mais un sourire vient sur son visage.
La cour de l’école
La cloche de l’école n’a pas encore sonné. Dans la cour, les enfants courent, crient, se racontent leurs vacances. Léa serre la lanière de son cartable. Elle cherche du regard sa meilleure amie. Salomé arrive en courant et lui fait un grand signe de la main. Elles parlent de la présentation de dessin. Salomé dit qu’elle est un peu stressée aussi. Léa souffle, cela la rassure de ne pas être la seule à avoir peur.

Yanis les rejoint avec un grand sourire. Il dit que son dessin est le plus beau de la classe. Il se moque d’un autre élève qui a taché sa feuille. Léa sent sa peur revenir, elle imagine déjà les rires sur son dessin. Elle baisse les yeux et ses doigts touchent son petit pendentif en forme de croix. Elle se rappelle une phrase du catéchisme, que Jésus est proche de ceux qui ont peur. Sa poitrine reste serrée, mais elle trouve la force d’entrer en classe.
Devant toute la classe
La maîtresse place un chevalet devant le tableau. Les dessins sont posés sur une pile. Elle explique que chacun va présenter son œuvre. Léa regarde ses camarades. Certains chuchotent, d’autres rient déjà. Yanis se penche vers son voisin et imite la voix d’un élève qui a du mal à parler. Léa sent ses joues chauffer. Elle pense à son tour qui approche, à ses mains qui vont peut être trembler. Elle serre son crayon très fort.

C’est le tour d’Amira, la nouvelle. Elle se lève, avance jusqu’au chevalet, mais aucun son ne sort de sa bouche. Ses mains tremblent, son dessin bouge un peu. Quelques rires éclatent au fond de la classe. Léa sent qu’elle pourrait rire aussi pour se cacher. Pourtant elle revoit dans sa tête Jésus sur la croix, les bras ouverts pour tous. Dans son cœur, elle murmure une prière très simple pour Amira. Alors elle décide d’applaudir franchement, même si elle est la première.
Choisir le courage
À la récréation, le soleil éclaire la cour. Les enfants se regroupent près du toboggan. Yanis imite la voix tremblante d’Amira. Il exagère chaque mot, plusieurs élèves éclatent de rire. Amira reste debout un peu plus loin, les yeux fixés sur le sol. Léa sent un gros nœud dans son ventre. Elle a envie de se faire toute petite. Si elle parle, peut être que Yanis se moquera d’elle aussi. Elle regarde ses chaussures et hésite longtemps.

Une phrase entendue au catéchisme lui revient. Elle se rappelle que Jésus a donné sa vie sur la croix par amour pour tous, même quand on se moquait de lui. Alors Léa respire très fort. Elle s’approche de Yanis et dit calmement que ce qu’il fait n’est pas gentil. Son cœur bat très vite, mais elle ne crie pas. Puis elle va s’asseoir à côté d’Amira et lui propose de jouer à la marelle. Deux autres enfants les rejoignent. Le nœud reste un peu là, pourtant une petite paix grandit en elle.
Le soir, près de la croix
Le soir, Léa rentre fatiguée à la maison. Pendant le dîner, papa et maman lui demandent comment s’est passée la journée. Elle raconte la présentation, la peur dans son ventre, les rires dans la classe. Elle parle aussi du moment où elle a défendu Amira. Elle avoue qu’elle avait très peur et qu’elle se demande si cela valait vraiment la peine. Papa la regarde avec douceur et lui dit qu’il est fier de son geste courageux et plein de bonté.

Papa lui rappelle doucement que Jésus sur la croix a choisi d’aimer même quand c’était très difficile, parce que Dieu aime tellement le monde qu’il nous donne son Fils. Maman propose une courte prière pour confier Amira, Yanis et toute la classe. Dans sa chambre, avant de dormir, Léa regarde la petite croix posée près de son lit. Elle fait un signe de croix lent et silencieux. Dans son cœur, elle remercie Dieu pour le courage reçu et s’endort plus paisible, en pensant qu’elle pourra encore choisir l’amour demain.









