Emma apprend à faire confiance

Emma cherche son dessin, a peur du noir, traverse un pont et découvre, petit à petit, qu’elle peut faire confiance à Jésus même quand elle ne voit pas tout.

Le dessin qui disparaît

Ce matin-là, dans le salon, Emma est très concentrée. Elle tient un feutre rouge dans sa petite main. Sur la table basse, une grande feuille blanche l’attend. Emma dessine un soleil, une maison, un cœur pour son papa. Elle chante doucement en coloriant. Louis, son petit frère, joue sur le tapis avec des cubes qui font du bruit. Quand le dessin est terminé, Emma le regarde longtemps. Elle sourit, fière de son cadeau. Elle pose la feuille bien au milieu de la table basse. « Je le garde ici pour papa ce soir », pense-t-elle en partant jouer avec Louis.

Après un long moment de jeu, Emma revient vers la table. Elle veut regarder encore son dessin pour son papa. Mais la feuille n’est plus là. La table est vide. Emma ouvre de grands yeux. Son ventre se serre. « Où est mon dessin ? » crie-t-elle. Elle regarde sous la table, sur le canapé, dans ses mains. Rien. Les larmes montent. « Il a disparu ! » dit-elle, triste et un peu en colère. « Je veux le voir pour être sûre qu’il existe encore ! » Louis la regarde, surpris, un cube dans la bouche. Le salon semble soudain très grand et très vide à Emma.

Maman arrive en entendant la voix d’Emma. Elle se baisse près de la table et regarde derrière. Elle voit la feuille coincée contre le mur. « Ah, le voilà », dit-elle doucement. Elle montre le dessin à Emma. « Tu vois, il était tombé. On ne le voyait plus, mais il était toujours là. » Emma serre le dessin contre elle. Maman ajoute qu’un jour, un apôtre appelé Thomas a eu du mal à croire que Jésus était vivant, parce qu’il ne le voyait pas, et que Jésus a dit une phrase importante: « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Emma écoute en silence. Puis elle dit: « D’accord, je vais te croire quand tu me dis que mon dessin est en sécurité. » Elle pose la feuille plus loin, sur une étagère, et son cœur se calme.

La chambre dans le noir

Le soir tombe sur la ville. Par la fenêtre de la chambre, on voit quelques lumières dehors. Emma met son pyjama à pois et choisit son doudou préféré, un lapin tout doux. Maman range les jouets et ferme les volets. La lumière du plafond s’éteint. Seule une petite veilleuse en forme d’étoile brille près du lit. La chambre devient pleine de coins sombres. Emma se glisse sous la couette. Elle entend Louis rire dans la pièce d’à côté. Maman lui fait un bisou sur le front. « Bonne nuit, ma chérie », dit-elle. Puis elle sort doucement et la porte se referme presque.

Quand la porte se ferme un peu plus, Emma ne voit plus maman. Son cœur bat plus vite. Elle fixe la veilleuse. Les ombres sur le mur ressemblent à de grands animaux. Elle tend la main, mais il n’y a que le vide. « Maman ! » appelle-t-elle, inquiète. Sa voix tremble. Elle voudrait voir maman pour être rassurée. La porte s’ouvre aussitôt. Maman revient, s’assoit sur le lit. « Je suis juste derrière la porte, tu sais », explique-t-elle. Elle montre sa main qui tient la poignée. « Même si tu ne me vois pas, j’entends ta voix. Je suis là. » Emma respire un peu mieux, mais elle garde fort son doudou.

Maman propose alors une idée. « On peut demander à Jésus de rester avec toi cette nuit », dit-elle doucement. Elle trace un petit signe de croix sur le front d’Emma et chuchote avec elle: « Jésus, reste avec moi cette nuit. » Emma répète lentement. Elle ferme les yeux, écoute sa respiration. Elle pense à son dessin qui était caché mais pas perdu. Maintenant, elle essaie de faire confiance à Jésus, même si elle ne le voit pas dans la chambre. Elle serre son doudou contre son cœur. La veilleuse éclaire encore un peu son visage. Peu à peu, ses paupières deviennent lourdes. Elle s’endort, apaisée par la présence de sa maman et par la prière à Jésus.

Le pont du parc

Le lendemain, le soleil brille fort dans le ciel bleu. Emma marche au parc en tenant la main de papa. Louis est dans la poussette, un petit chapeau sur la tête. On entend les oiseaux chanter et les enfants rire au loin. Emma aime ce parc. Il y a des arbres, une aire de jeux et, surtout, un petit pont en bois au-dessus d’un ruisseau. Aujourd’hui, Emma veut aller voir les canards de l’autre côté. En s’approchant, elle regarde entre les planches du pont. Elle voit un peu d’eau qui bouge. Le bruit du ruisseau lui semble profond. Son pas devient plus lent.

Papa avance le premier et se place de l’autre côté du pont. Il se tourne vers Emma et lui tend la main. « Viens, Emma, le pont est solide », dit-il d’une voix calme. Emma regarde ses pieds, puis le bois du pont. Elle ne voit pas bien toute l’eau en dessous. Elle imagine un grand trou. Son ventre se serre. « Et s’il casse ? » murmure-t-elle. Le vent fait bouger un peu les feuilles des arbres. Papa reste là, sans bouger, la main toujours tendue. « Je suis là, je te tiens. Même si tu ne vois pas tout, tu peux avancer. » Les yeux d’Emma se remplissent de questions. Elle respire profondément.

Emma pense à la nuit dans sa chambre, à la voix de maman derrière la porte. Elle regarde la main de papa, grande et chaude. Lentement, elle pose son pied sur la première planche, puis sur la suivante. Le pont grince un peu, mais ne bouge pas. Elle serre fort la main de papa. Pas après pas, ils traversent ensemble. Quand ils arrivent de l’autre côté, Emma rit, soulagée. Elle est fière d’elle. Papa la prend dans ses bras. Il lui dit que faire confiance à quelqu’un qu’on aime, même si on ne voit pas tout, c’est un peu comme faire confiance à Jésus qu’on ne voit pas avec les yeux, mais qu’on connaît par le cœur et par les histoires de la Bible. Emma regarde l’eau qui coule et chuchote: « Merci, Jésus, pour le courage. »

Le coin prière d’Emma

En fin d’après-midi, l’appartement est calme. On entend un peu les voitures dans la rue, mais à l’intérieur, tout semble doux. Dans un coin du salon, Emma a une petite table spéciale. Dessus, il y a une petite croix en bois, une bougie éteinte et une image de Jésus entouré de plusieurs hommes assis autour de lui. Emma s’agenouille devant la table. Elle aime bien regarder cette image. Aujourd’hui, elle remarque les visages des hommes. Ils ont l’air sérieux et attentifs. Maman arrive avec un torchon à la main. Elle s’assoit à côté d’Emma sur le tapis. « Tu regardes Jésus ? » demande-t-elle doucement.

Emma montre l’image du doigt. « Qui sont les hommes avec Jésus ? » demande-t-elle. Maman explique que ce sont ses amis, qu’on appelle les apôtres. Elle ajoute qu’il y en avait un qui s’appelait Thomas. « Il a eu du mal à croire que Jésus était vivant, parce qu’il voulait le voir avec ses yeux », dit-elle simplement. Puis elle raconte, en quelques mots, que Jésus est venu vers lui pour l’aider. « Et Jésus a dit: Heureux ceux qui croient sans avoir vu », ajoute maman. Elle précise que cette semaine, à l’église, on fête justement saint Thomas apôtre. Emma regarde longtemps le visage de Jésus sur l’image. Elle pense à la nuit, au pont, à son dessin.

Emma murmure: « Moi aussi, je veux croire que Jésus est là, même si je ne le vois pas. » Maman sourit. Elle propose de dire une petite phrase à Jésus. Ensemble, elles joignent leurs mains. D’une seule voix, elles prient: « Jésus, je te donne mes peurs, reste près de moi. » Emma ferme les yeux pendant la prière. Elle imagine Jésus assis à côté d’elle, comme sur l’image, avec ses amis. Quand elle rouvre les yeux, la pièce n’a pas changé, mais son cœur est plus tranquille. Elle se sent un peu plus courageuse. Elle caresse doucement la petite croix en bois. Puis elle va jouer avec Louis, en gardant dans sa tête le coin prière et les mots de Jésus.

La messe du dimanche

Le dimanche matin, Emma marche dans la rue avec ses parents. Louis est dans la poussette, un petit jouet dans la main. Les cloches de l’église sonnent doucement au loin. Emma aime ce son. Ils entrent dans l’église paroissiale. Il fait un peu plus frais à l’intérieur. Des bougies brillent près d’une statue de Marie. Emma respire l’odeur de cire et de bois. Ils s’installent sur un banc, pas trop loin de l’allée centrale. Devant eux, il y a des grands qui se lèvent et s’assoient. Emma voit surtout les manteaux et les épaules. L’autel lui semble très loin, caché.

Quand le prêtre parle, Emma entend sa voix, mais elle ne voit pas bien ce qu’il fait. Elle tire un peu sur la manche de papa. « Qu’est-ce qu’il fait, le monsieur ? » chuchote-t-elle. Papa se penche vers elle. « Il parle à Jésus, il lui dit merci pour nous tous », explique-t-il doucement. « Jésus est vraiment là, même si on ne le voit pas comme on voit une personne. Tu te souviens de la phrase de Jésus sur croire sans voir ? » Emma hoche la tête. Elle pense à saint Thomas et à l’image de son coin prière. Elle se met sur la pointe des pieds pour essayer de voir un peu mieux, mais les grands cachent toujours.

Alors Emma fait autre chose. Elle se blottit contre le bras de papa et ferme les yeux un instant. Dans son cœur, elle dit: « Jésus, je crois que tu es là. » Elle imagine Jésus qui marche doucement dans l’église, qui écoute les prières de chacun. La musique de la messe remplit l’air. Quand elle rouvre les yeux, elle voit la lumière des vitraux sur le sol, comme des petits morceaux de couleur. À la fin, en sortant de l’église, Emma tient la main de ses parents. Le soleil brille dehors. Elle ne voit pas Jésus marcher à côté d’eux, mais elle se sent rassurée. Elle sait maintenant qu’elle peut lui faire confiance, comme elle a fait confiance à maman pour le dessin, à maman dans le noir et à papa sur le pont. Et dans son cœur, elle garde la phrase de Jésus comme un trésor.