Clara et le cadeau de la mission

Clara découvre à la messe, à la maison et à l’école que parler de Jésus peut aussi passer par de petits gestes d’amitié et de partage.

Dimanche de la mission

C’est un dimanche matin d’octobre. Le soleil entre par les vitraux de l’église et fait des taches de couleur sur le sol. Clara est assise entre ses parents, Paul se tortille un peu sur le banc. Devant, près de l’ambon, le prêtre montre une grande affiche. On y voit des enfants de plusieurs pays qui prient ensemble. Clara lit le mot « mission » en haut, et son cœur se remplit de questions silencieuses.

Le prêtre parle de la Journée missionnaire. Il dit que des chrétiens, partout dans le monde, essayent de parler de Jésus par leurs paroles et leurs gestes. Après la messe, sur le parvis, la catéchiste sourit à Clara et lui donne une petite image. Il y a un dessin de saint Luc et, au dos, une phrase de Jésus. Maman lit doucement: « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile. » Clara serre l’image et se demande comment, elle, pourrait faire cela.

Saint Luc dans le salon

L’après-midi, la pluie frappe doucement aux vitres du salon. Clara est assise sur le canapé, une couverture sur les genoux. Elle feuillette un petit livre illustré sur les évangiles, reçu au catéchisme. Les pages montrent des scènes de la vie de Jésus, avec des couleurs vives. Papa arrive avec une tasse de thé, il s’assoit près d’elle et regarde par-dessus son épaule, intrigué par les dessins.

« Tu vois, explique papa, saint Luc a écrit des histoires vraies sur Jésus pour que les gens le connaissent mieux. Il a écouté les témoins et a tout noté avec soin. » Il montre un dessin où Jésus guérit un malade. « Comme Luc, nous pouvons aussi raconter Jésus, par nos mots ou par nos gestes. » Clara imagine saint Luc penché sur une table, près d’une lampe à huile. Elle se demande quel petit morceau d’Évangile elle pourrait écrire avec sa vie.

Un choix dans la cour

Le lundi suivant, la cloche sonne la récréation. Dans la cour de l’école, les enfants courent partout, les manteaux ouverts et les rires forts. Clara joue au ballon avec sa meilleure amie Salomé. Un peu plus loin, près du mur, Yanis tient un vieux ballon abîmé. Deux garçons ricanent et chuchotent en le regardant. Le visage de Yanis se ferme, il baisse les yeux vers ses chaussures.

Clara regarde la scène et sent un pincement au cœur. Elle pense à la phrase de Jésus sur l’image de saint Luc, et aux histoires où Luc montre Jésus proche des plus petits. Elle hésite, elle a peur que les autres se moquent d’elle. Puis elle se rappelle que Jésus parlait souvent aux personnes mises de côté. Elle respire un grand coup, s’avance vers Yanis et dit simplement: « Tu viens jouer avec nous ? » Salomé la suit, les rires moqueurs s’éteignent peu à peu.

Une prière pour Yanis

Le soir, Clara est dans la chambre qu’elle partage parfois avec Paul pour lire. Ils sont assis sur le lit, un livre d’histoires ouvert entre eux. Paul tient son doudou contre lui. Clara lui raconte la récréation, le ballon abîmé de Yanis, les moqueries, puis le moment où ils ont joué tous les trois. Les yeux de Paul brillent, il aime quand sa grande sœur parle de sa journée.

« Tu lui as parlé de Jésus ? » demande Paul. Clara réfléchit. « Non, je n’ai pas dit son nom, mais j’ai pensé à lui en invitant Yanis. » Maman, qui rangeait du linge dans le couloir, entre alors. « Parfois, annoncer Jésus, explique-t-elle doucement, c’est déjà faire un geste d’amitié, parce que Jésus aime chaque enfant. » Elle propose: « On dit une petite prière pour Yanis et pour tous les enfants seuls ? » Ils ferment les yeux et restent silencieux quelques secondes, comme un secret confié à Dieu.

Un dessin pour le monde

Le dimanche suivant, Clara revient à la messe avec sa famille. Dans son sac, elle garde précieusement un dessin qu’elle a préparé. On y voit des enfants de différentes couleurs qui se tiennent la main devant une grande Bible ouverte, avec écrit « Merci Jésus » en couleurs vives. Pendant le chant de l’offertoire, plusieurs enfants se lèvent pour apporter des enveloppes et des dessins pour la quête missionnaire.

Quand vient son tour, Clara s’avance dans l’allée centrale. Son cœur bat fort, mais elle pense à saint Luc qui a écrit pour que tout le monde connaisse Jésus. Elle dépose son dessin dans un panier devant l’autel, comme un merci discret. Après la messe, sur le parvis, elle aperçoit Yanis avec sa grand-mère. Ils se sourient sans rien dire. Clara comprend qu’elle peut continuer, chaque jour, à être une petite missionnaire là où elle vit, avec ses gestes simples et son amitié.