Le matin chez Mamie
La voiture s’arrête devant la maison de Mamie. Il fait chaud, le ciel est bleu, ça sent un peu la terre et l’herbe coupée. Clara descend avec sa petite valise à roulettes qui fait du bruit sur les cailloux. Papa sonne, la porte s’ouvre tout de suite. Mamie sourit, les bras grands ouverts. « Bonjour ma Clara ! » dit-elle. Clara se jette dans ses bras. Elle sent le parfum de savon et de gâteau. Maman et Papa entrent derrière elles avec un grand sac. L’air de la maison est frais et calme.

Clara enlève ses sandales et marche pieds nus sur le tapis doux. Elle regarde autour d’elle. Sur une petite table, près du canapé, il y a une statue blanche de Marie. Autour, Mamie a mis une guirlande de fleurs en papier et un petit bouquet de fleurs du jardin dans un verre. Une bougie éteinte attend dans un petit pot. « Oh, c’est joli ! » dit Clara. Mamie s’approche et caresse ses cheveux. « Aujourd’hui, on fête Notre-Dame du Mont Carmel, une fête pour Marie », explique-t-elle doucement. Clara répète le nom dans sa tête, lentement.
Mamie s’assoit avec Clara sur le canapé. On entend un oiseau chanter par la fenêtre ouverte. « Tu vois, continue Mamie, Marie est comme une maman du ciel, elle nous aide à aller vers Jésus. » Elle parle doucement, comme pour une confidence. Clara regarde la petite statue et le bouquet. Elle aime les fleurs, elle aime aussi l’idée d’une maman du ciel. Mamie dit alors : « Plus tard, on dira ensemble un Je vous salue Marie. » Clara hoche la tête. Elle se sent bien, entourée de Maman, de Papa et de Mamie, dans cette maison pleine de lumière.
Le jardin et le petit coin de prière
Après le goûter, Mamie prend un arrosoir vert. Clara en tient un plus petit, jaune. Elles sortent dans le jardin. L’air sent la menthe et la terre humide. Les fleurs sont de toutes les couleurs, rouges, jaunes, violettes. On entend des abeilles et le rire lointain d’un voisin. « On va donner à boire aux fleurs », dit Mamie. Clara verse l’eau doucement, elle regarde la terre devenir plus sombre. Un moineau s’approche, penche la tête, puis s’envole. Clara rit. Elle aime ce jardin qui semble vivant et joyeux.

Au fond du jardin, sous un grand arbre, Clara découvre un petit coin tranquille. Il y a une image de Marie dans un cadre simple, posée sur une planche. Devant, quelques cailloux ronds et une petite bougie dans un bocal. Le vent bouge doucement les feuilles, ça fait un bruit de chuchotis. « C’est mon petit coin de prière, explique Mamie. Quand je viens ici, je pense à Marie. » Elle cueille une fleur rose et la tend à Clara. La fleur est douce, un peu humide. Clara la serre dans sa main, sans l’abîmer.
Mamie s’agenouille sur l’herbe, Clara se met à côté d’elle. « Tu peux poser ta fleur ici, devant l’image », dit Mamie. Clara avance sa main et dépose la fleur avec soin. Elle sent son cœur battre un peu plus vite, comme dans un moment important. Mamie murmure : « Tu peux dire avec tes mots. » Clara ferme un peu les yeux et dit doucement : « Merci Marie de m’aider à aimer Jésus. » Le vent se fait plus doux, un oiseau chante dans l’arbre. Clara se relève, elle sourit. Ce petit coin sous l’arbre devient pour elle un endroit secret et paisible.
Le scapulaire de Mamie
Après avoir joué dehors, Clara revient dans le salon. Il fait plus frais maintenant. Mamie s’assoit dans son fauteuil préféré, près de la fenêtre. Clara grimpe sur le tapis, avec ses petites voitures et ses cubes. Elle construit une tour très haute. Quand elle lève les yeux, elle voit Mamie qui remet son gilet. Le tissu bouge et quelque chose de marron dépasse du col. C’est comme deux petits rectangles de tissu, reliés par un fil. Clara fronce les sourcils. Elle n’a jamais vu ça. Sa curiosité se réveille d’un coup.

« Mamie, c’est quoi, ce petit truc marron ? » demande Clara. Mamie sourit et enlève doucement le scapulaire pour le poser dans ses mains. « Regarde, ce sont deux petits bouts de tissu, explique-t-elle. On appelle ça un scapulaire. » Sur un des morceaux, Clara voit une toute petite image de Notre-Dame du Mont Carmel. Les couleurs sont un peu passées, mais on voit bien la robe marron et le voile clair. « C’est joli », dit Clara en touchant du bout du doigt. Le tissu est doux et fin, le fil glisse un peu entre ses doigts.
Mamie garde le scapulaire posé sur ses paumes ouvertes. Sa voix devient plus douce. « Quand je touche ce scapulaire, je me rappelle que Marie m’aide à suivre Jésus », dit-elle simplement. Elle ne dit rien de plus, elle laisse les mots flotter comme une petite plume dans l’air calme du salon. Clara regarde encore l’objet, puis le visage de sa grand-mère. Elle sent que c’est important pour Mamie, comme un petit trésor. Mamie remet le scapulaire autour de son cou. Clara retourne à ses cubes, mais au fond d’elle, elle garde l’image de ce petit signe marron tout près du cœur de Mamie.
La petite peur de l’orage
En fin d’après-midi, le ciel change. Tout à l’heure il était bleu, maintenant il devient gris foncé. Clara est près de la fenêtre, elle regarde les nuages qui arrivent vite. Un premier éclair traverse le ciel, très loin. Puis un grondement de tonnerre roule, comme un gros tambour. Clara sursaute. Son ventre se serre un peu. Elle n’aime pas trop ce bruit. Le vent se lève, les feuilles des arbres bougent fort. Des grosses gouttes de pluie commencent à taper sur les vitres, tic tic tic, de plus en plus vite.

Clara court vers Mamie et se blottit contre elle. « J’ai un peu peur », murmure-t-elle. Mamie l’installe sur ses genoux, tout près. Elle sent la petite tête de Clara contre son épaule. « Écoute, dit doucement Mamie, le tonnerre fait du bruit, mais nous sommes bien à l’abri. » Elle sort le scapulaire de sous son gilet et le prend dans sa main. « Tu te souviens ? Quand je le touche, je pense à Marie », chuchote-t-elle. Clara pose aussi un doigt sur le petit tissu marron. Le tonnerre gronde encore, mais un peu plus loin.
Mamie ferme les yeux un instant et propose : « On peut dire ensemble une petite phrase. » Clara hoche la tête. Toutes les deux, tout bas, elles disent : « Marie, je me confie à toi, aide-moi à faire confiance à Jésus. » Les mots sont simples, mais ils réchauffent le cœur de Clara. Le bruit de la pluie devient plus doux, comme un rideau qui glisse. Le tonnerre s’éloigne. Le ciel reste gris, mais la lumière revient un peu dans la pièce. Clara respire plus calmement. Dans les bras de Mamie, avec le scapulaire entre leurs doigts, elle se sent en sécurité.
Bonne nuit, Marie
Le soir arrive doucement. Le ciel devient rose, puis violet derrière les rideaux. Clara met son pyjama à petites étoiles, avec l’aide de Maman. Dans la chambre d’amis, le lit est couvert d’une couette moelleuse. Sur la table de nuit, Mamie a posé une petite image de Notre-Dame du Mont Carmel dans un cadre et une petite croix en bois clair. Une veilleuse en forme de lune éclaire la pièce d’une lumière jaune et douce. Clara prend son doudou lapin et le serre contre elle. Elle pense à la fleur dans le jardin, à l’orage, au scapulaire de Mamie.

Maman s’assoit au bord du lit. Elle regarde la petite image sur la table de nuit. « Tu te souviens de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel ? » demande-t-elle doucement. Clara hoche la tête. Elle se rappelle Mamie, le jardin, le coin de prière. Maman prend la main de Clara dans la sienne. « On peut dire bonne nuit à Jésus et à Marie », propose-t-elle. Clara aime ce moment tranquille avec Maman. Elle sent la chaleur de la main de Maman, le tissu doux de sa couette, l’odeur légère de savon dans la chambre.
Maman commence doucement : « Je vous salue Marie… » Clara répète les mots qu’elle connaît, parfois elle se trompe un peu, mais Maman sourit et continue. À la fin, Clara ajoute, avec ses mots : « Bonne nuit Jésus, bonne nuit Marie, merci pour aujourd’hui. » Elle ferme les yeux. Dans sa tête, elle voit encore la petite fleur au pied de l’image, le scapulaire de Mamie, la maison chaude pendant l’orage. Elle se sent entourée, comme dans un grand câlin invisible. La veilleuse brille doucement. Clara s’endort paisiblement, sûre que Marie la conduit vers Jésus, même dans ses rêves.








